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Portrait équestre de François 1er, par Jean Clouet

 

 

Au Louvre, une autre Renaissance révélée

 

 

François Ier n'a pas aimé que l'Italie. Une exposition réhabilite les artistes flamands et hollandais ayant œuvré en France sous son règne.

Les châteaux du Val de Loire et celui de Fontainebleau ont fait de l'ombre au pan nordique de la Renaissance en France. Au Louvre, dans l'exposition centrée sur le règne de François Ier, cette face négligée se révèle dans toute sa beauté et son ampleur. Les surprises abondent. On découvre une pléiade d'artistes originaires des Flandres ou des Pays-Bas, bien moins célèbres que les Italiens Rosso ou Primatice, mais dont le talent et l'importance éclatent. Ils s'appellent Wouter Van Campen, Noël Bellemare, Joos Van Cleve… La plupart ont eu leur nom francisé quand d'autres ne sont plus connus que par un surnom tel le maître d'Amiens, Godefroy le Batave ou le maître du Carcer d'Amour.

 

 

On découvre une pléiade d'artistes originaires des Flandres ou des Pays-Bas, bien moins célèbres que les Italiens Rosso ou Primatice, mais dont le talent et l'importance éclatent

 

 

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Portrait de François 1er en Saint-Jean Baptiste, par J. Clouet

 

 

 

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Autre portrait, toujours par J. Clouet

 

 

 

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" Le Saint-Jean Baptiste " de Léonard de Vinci

 

 

 

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" Mona Lisa--dite La Joconde ", de Léonard de Vinci

 

 

 

 

Nous l’attendions avec impatience et, bien évidemment, il est là et en bonne place dans la nouvelle exposition temporaire du Musée du Louvre. Nous voulons parler bien sûr du mythique portrait de François Ier, exécuté aux alentours de 1530 par le peintre Jean Clouet. Lourd costume d’apparat, regard apaisé mais autoritaire, couleurs aussi riches que royales…

L’œuvre est renommée et que celui qui ne l’a jamais étudiée au collège nous jette la première pierre ! Cependant, ce que l’on sait probablement moins, c’est que le portraitiste à qui l’on doit cette huile sur toile était originaire de ce que l’on nommait au XVe siècle les Pays-Bas Bourguignons (comprenez Flandre, Artois, Brabant, Limbourg, Hainaut, Namurois, Hollande, Zélande et les autres territoires néerlandais…)

Si le goût du roi François Ier pour la création artistique italienne est très connu, celui pour les arts des Pays-Bas est en revanche bien moins mis en avant alors que la Renaissance française a vu s’installer dans le royaume nombre de maîtres néerlandais, aujourd’hui magnifiquement présentés par le parcours temporaire : « François Ier et l’art des Pays-Bas ».

 

 

 

 

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" Sainte-Anne " de Léonard de Vinci

 

 

 

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Lucrèce par Joos Van Cleve (détail). / Vienne, Erich Lessing, prêtée au Louvre

 

 

 

 

Clouet et De Vinci

Nous progressons donc de surprise en surprise dans cette exposition organisée selon un schéma thématique. À grands renfort de gravures, esquisses, retables et sculptures en bois, le Louvre démontre que François Ier ne s’est pas contenté de s’approprier l’art italien mais a également fortement encouragé la pratique néerlandaise à infuser dans le royaume de France.

Bien sûr, de l’Italie, vint Léonard de Vinci, mais des régions septentrionales de l’Europe, arrivèrent des créateurs aux noms bien moins connus du grand public, mais qui apportèrent dans leurs bagages des idées innovantes dans les domaines de l’art religieux, du paysage (encore très peu pratiqué pour lui-même) et du portrait. Et en matière de portrait justement, prenons le temps de nous arrêter sur une étape clé du parcours du Louvre, consacrée à Corneille de Lyon (également connu sous le nom de Corneille de La Haye, du nom de sa ville natale).

 

 

 

 

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" Guillaume Budé ", par J. Clouet

 

 

 

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" Marguerite d'Angoulême ", par J. Clouet

 

 

 

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Robe Renaissance d'une Dame de cour...

 

 

 

Portrait et foi

En effet, une salle entière a été consacrée au peintre mystérieux, espace à la scénographie subtile et parfaitement maîtrisée. Au centre de la pièce plongée dans une semi-obscurité, nous attend le petit Portrait de Pierre Aymeric, marchand de son état. C’est la seule œuvre dont on est absolument certain qu’elle soit de la main du maître d’origine néerlandaise. Puis, disposées tout autour de la pièce centrale, une dizaine d’autres panneaux de notables de Lyon ; certains authentifiés, d’autres anonymes, riches marchands ou membres de la classe noble.

On le comprend assez rapidement au cœur du parcours, François Ier n’est au bout du compte pas si présent et ce souverain pourtant cité dans le titre de l’exposition temporaire sait s’éclipser pour mieux laisser la primauté au royaume de France dans sa globalité. Le propos s’intéresse en effet davantage au contexte, à l’époque, à la chronologie du règne de François Ier beaucoup plus qu’à sa personne.

 

 

Des échanges

La France alors, terreau fertile pour l’implantation et la croissance des peintres des Pays-Bas ? Indéniablement. Présents dans diverses régions (Picardie, Touraine, Île-de-France…) ces peintres ont livré des apports nouveaux, donnant par exemple à la peinture chrétienne une gestuelle plus naturelle, plus proche des petites gens lorsqu’on la place en comparaison avec les expressions figées et antiquisantes de leurs pendants italiens.

Quant à la pratique du portrait, il ne serait pas exagéré que de dire qu’elle connaît une petite révolution sous cette influence nordique. Mais nous ne vous en dirons pas davantage sur la question, le mieux étant encore que vous parcouriez ce nouvel accrochage temporaire, qui nous a enthousiasmés !

 

 

 

Une magnifique exposition, très, très riche....