30 janvier 2017

Passionnante exposition : Grands peintres et la Banlieue !

 

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À Rueil, elle court, elle court, la banlieue

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Le canal Saint-Denis sous un ciel d'orage, 1935, de Jean Lugnier, Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis

 

 

 

De Corot à Vlaminck, entre nostalgie et enthousiasme, les peintres ont enregistré les mutations du paysage francilien.
Dans ce parcours sur le thème du paysage francilien, installé Atelier Grognard, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), les peintres réunis, de Corot à Vlaminck, penchent de plus en plus nombreux vers l'urbanisme et l'industrie. Au fil des 150 œuvres présentées, le goût de la vie moderne contrebalance puis gomme la nostalgie d'une nature arcadienne. Certes, chanter la douceur des vallons et la paix des boucles de la Seine n'est pas totalement exclu dans l'entre-deux-guerres. Mais la joie qui sourd des guinguettes ou de quelque régate à Yerres n'est plus celle des premiers impressionnistes.

 

 

 

 

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TOFFOLI Louis 
Quai à Ivry, 1951 
Huile sur isorel, 66 x 81,5 cm 
Musée du Domaine départemental, Sceaux

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TOFFOLI Louis 
Quai à Ivry, 1951 
Huile sur isorel, 66 x 81,5 cm 
Musée du Domaine départemental, Sceaux

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LINT Alphonse 
Les Petits pêcheurs au pont de pierre de Lagny, vers 1895 
Huile sur toile, 88 x 130 cm 
Musée Gatien-Bonnet à Lagny-sur-Marne 

 

 

 

L'univers ouvrier et urbain a désormais la préférence. En 1934, un Jean Lugnier célèbre les jardins sociaux de Saint-Ouen dominés par un immense silo en acier. À la même époque, un Maurice Falliès en rajoute dans le côté sale et fumant des usines de Saint-Denis. Il est vrai qu'autour de Paris, les hauts-fourneaux et les façades d'immeubles ont commencé plus tôt et plus puissamment qu'ailleurs à barrer l'horizon.
On remarque une première cheminée sous le pinceau de Stanislas Lépine dans une vue de Conflans-Sainte-Honorine composée vers 1878. Un an plus tôt, la diligence que figure Pissarro à Pontoise est déjà un signe d'archaïsme. La tour Eiffel n'a pas un an lorsque Georges Pajot la traite depuis le mont Valérien… Partout bientôt passe le train. Monet plante son chevalet sur le ballast de la gare d'Argenteuil (1872), Édouard Dantan stationne à Saint-Cloud (1880), Pierre-Antoine Cluzeau fait étape devant le pont de Saint-Maur-Bonneuil (1922).

 

 

 

 

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Georges Manzana-Pissarro, Effet de neige sur la Seine, 1902 © Musée Pissarro – Pontoise

 

 

 

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Gustave Caillebotte, Bateau à l’encre sur la Seine à Argenteuil, 1888 © Collection du Val d’Oise

 

 

 

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Camille Pissarro, La diligence, 1877 © Musée d’Orsay

 

 

 

 

La «banlieue noire»





Le défaut de cette exposition qui est de mêler simples images intéressantes et véritables œuvres fait paradoxalement sa qualité. Les commissaires Colette Bal-Parisot et Véronique Alemany collent sans cesse au thème. Lequel, on le constate, évolue à la vitesse du cheval-vapeur.
Les noms célèbres - un Manet tardif, un Gauguin de jeunesse, un Cézanne à Auvers-sur-Oise, un beau Dufy, un Picabia quelconque - contribuent au même titre que les autres moins connus, voire oubliés, à cette chronique d'une métamorphose générale. Par les toiles empruntées tant aux grands musées de la capitale qu'aux petites collections locales, on assiste bien sûr à la naissance de l'«agglomération». Mais aussi, derrière, à l'installation de la nouvelle esthétique dominante.

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Maximilien Luce, La Seine à Issy-les-Moulineaux, 1920 © Musée d’Issy-les-Moulineaux

 

 

 

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Charles-François Daubigny, La Seine à Bezons, 1851 © Musée d’Orsay

 

 

 

Sous prétexte de combattre la misère et l'exploitation, quoi de plus jouissif pour un peintre que cet Eden balafré par la brique et le béton ?

Routes bitumées, chemins de fer, machinisme et constructions anarchiques offrent un monde autrement plus riche en cylindres, sphères et cônes que celui des sous-bois de Fontainebleau ou des sentiers de Barbizon. Ces lieux qu'en bon héritier des Hollandais du Siècle d'or un Daubigny chérissait il y a moins d'un siècle. La «banlieue noire», à laquelle le parcours consacre une large section, cristallise d'évidence tout ce qu'il faut dénoncer de l'époque. Mais aussi, sous prétexte de combattre la misère et l'exploitation, quoi de plus jouissif pour un peintre que cet Eden balafré par la brique et le béton? Quel motif plus intéressant que cette verdure envahie de taudis? Ou que cette eau souillée du mazout des péniches?

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Lefort, Usine de banlieue

 

 

 

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Pierre-Emmanuel Damoye, "La Seine à Nanterre", vers 1880

 

 © Sceaux, musée du Domaine départemental

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Hervier de Romande, "Paul Féval en barque sur la Marne", 1890

 

 © Musée de Nogent-sur-Marne

Un charme quasi-surréalistes





Ne parlons pas des collines, non plus rondes mais enfin idéalement déstructurées par les carrières. À ce sujet, un Léon Auguste Mellé se focalise sur d'étranges roues d'extraction à Gentilly. Représentées sous la neige, elles ont un charme quasi surréaliste. De son côté, un Maximilien Luce tire profit de la construction du métro à Issy-les-Moulineaux pour rendre les jaunes et les violets révélés du sous-sol. Desnoyer va jusqu'à imaginer un vitrail en contemplant le port de Gennevilliers. Comme lui, les Herbin, Gromaire, Lasne et Lhote trouvent aisément leurs lignes franches, leurs couleurs criardes et leurs matières rugueuses symptomatiques du cubisme triomphant.

Un charme quasi-surréalistes





Ne parlons pas des collines, non plus rondes mais enfin idéalement déstructurées par les carrières. À ce sujet, un Léon Auguste Mellé se focalise sur d'étranges roues d'extraction à Gentilly. Représentées sous la neige, elles ont un charme quasi surréaliste. De son côté, un Maximilien Luce tire profit de la construction du métro à Issy-les-Moulineaux pour rendre les jaunes et les violets révélés du sous-sol. Desnoyer va jusqu'à imaginer un vitrail en contemplant le port de Gennevilliers. Comme lui, les Herbin, Gromaire, Lasne et Lhote trouvent aisément leurs lignes franches, leurs couleurs criardes et leurs matières rugueuses symptomatiques du cubisme triomphant.

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Apparition du paysage contemporain de l'ile de France#PeindreLaBanlieue, de Corot à Vlaminck, #Exposition à l'Atelier Grognard

 

 

 

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Au milieu de ce nouveau classicisme, les canotiers n'ont pas totalement disparu. Quelques-uns s'évertuent encore à reprendre les poncifs champêtres. Faut-il les considérer comme des peintres du dimanche? Ce serait trop sommaire.


Peindre la banlieuede Corot à Vlaminck 1850-1950 , Atelier Grognard, Rueil-Malmaison (92), jusqu'au 10 avril.

 

 

 

 

 

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Commentaires sur Passionnante exposition : Grands peintres et la Banlieue !

    Bonjour ma petite Manise, je découvre ce billet sur les scènes de banlieue autrefois qui devaient être bien plus paisibles et champêtres qu'elles ne le sont aujourd'hui....Le canal Saint-Denis sous un ciel d'orage, 1935, de Jean Lugnier, est magnifique tout comme les bateaux de caillebotte sur la Seine...
    Bonne semaine avec de gros bisous - Landrie

    Posté par valerie-anne40, 20 février 2017 à 13:39 | | Répondre
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