11 janvier 2017

Merveilleux Limoges des Rois, Reines et Empereurs...

 

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Non au Waterloo de la porcelaine !

 

 

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Vase fuseau orné du portrait de Marie-Louïse en tenue de chasse, 1811-1813; château de Fontainebleau 

 

 

 

LA CHRONIQUE D'ADRIEN GOETZ - Cet art était sous l'Empire le plus prisé des cadeaux d'étrennes. Quels mécènes les offriront au château de Fontainebleau ?


Pour fêter le Nouvel An, en 1814, l'impératrice Marie-Louise, fidèle à la tradition des cours européennes, donna à sa belle-sœur Catherine de Wurtemberg, femme de Jérôme Bonaparte, roi de Wesphalie, un élégant vase de Sèvres où figurait son portrait en tenue de chasse. Cette pièce est un chef-d'œuvre unique: la fille de l'empereur d'Autriche, abandonnant les costumes officiels où elle semblait toujours un peu fade, semble ici vivante sous le pinceau d'Abraham Constantin, qui s'inspire de François Gérard. Constantin, artiste suisse, ami de Stendhal, lié à Ingres, était convaincu de la supériorité absolue de la peinture sur porcelaine, art parvenu alors, en partie grâce à lui, à son apogée. L'année 1814 allait être celle de la première chute de Napoléon, dont les emblèmes figurent au revers, et de la fuite du roi Jérôme et de Catherine, réfugiés dans les états du roi de Wurtemberg - ce qui ajoute à ce bel objet une aura historique et tragique.

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French Sèvres "Fuseau" Vase of Madame Mère - 1811 - Hard-paste porcelain, height 107 cm - Musée du Louvre, Paris

 

 

 

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Musée du Louvre

 

 

 

Cet automne, la galerie Aveline, à deux pas du Palais de l'Élysée, a exposé ce vase avec une splendide collection de porcelaines impériales, réunies par un grand amateur désireux de s'en séparer et classées «Trésor national» - ce qui permet des déductions fiscales allant jusqu'à 90 % pour les entreprises qui voudront les offrir à la France. Le château de Fontainebleau, où se prépare la rénovation du musée napoléonien, a lancé un appel au mécénat intitulé «Des Sèvres pour Fontainebleau». Sur les huit lots d'assiettes, de vases, de services, trois ont pu déjà être acquis: cela ne représente que dix pièces sur les quarante-huit proposées.

 

 

 

 

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Manufacture de Sèvres

 

 

 

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porcelaine de Sèvres

 

 

 

 

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porcelaine de Sèvres

 

 

 

 

«Cabaret égyptien»

Pour Christophe Beyeler, conservateur au château et excellent spécialiste de l'Empire, il ne s'agit pas de restituer de jolies tables ni de remplir ses vitrines avec des reliques. Il explique dans un ouvrage collectif que ces porcelaines, qu'elles viennent de chez Cambacérès ou des membres de la famille Bonaparte, tiennent un discours politique et artistique. L'extraordinaire «cabaret égyptien», assortiment de tasses et de «pièces de forme», d'après des gravures de Vivant Denon, est le seul connu à présenter ces becs verseurs déguisés en crocodiles, ces têtes de faucon… Il raconte une page mythique de l'épopée et reflète la permanence des idées encyclopédiques à l'époque de Napoléon.

 

 

 

 

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Partie de Cabaret à thé égyptien de l’impératrice Joséphine : 1 tasse et sa soucoupe. Manufacture de Sèvres, 1810 © Fondation Napoléon

 

 

 

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Les 36 pièces de porcelaine ornées de motifs égyptisants proviennent du cabaret - c'est-à-dire du service à déjeuner - de Napoléon Ier, livré au palais des Tuileries en 1810. C'est le quatrième cabaret réalisé par la manufacture de Sèvres sous le Premier Empire. On peut y voir des vues reproduisant les planches de l'ouvrage de Dominique Vivant-Denon (1747-1825), Voyage dans la Basse et la Haute Égypte, qui rappellent la fascination exercée par la civilisation égyptienne au début du XIXe siècle.

Les sept "cabarets égyptiens"

La manufacture de Sèvres réalisa sept cabarets. Les pièces conservées au Louvre proviennent du quatrième. Forme et composition sont différentes de l'un à l'autre, tout comme l'ornementation, tirée de l'ouvrage de Dominique Vivant-Denon. Le premier cabaret fut donné par Napoléon Ier au tsar Alexandre Ier en 1808. Le second, offert à Joséphine, est conservé au château de la Malmaison. Le troisième fut également livré à Joséphine aux Tuileries, et le quatrième à l'empereur le 31 mars 1810 pour servir au palais des Tuileries. Le cinquième fut offert en 1813 à la duchesse de Montebello, le sixième à la duchesse de Bassano et le septième à la comtesse de Luçay. Napoléon appréciait beaucoup son service dont il donna certaines pièces à des proches et qui l'accompagna à Sainte-Hélène.

 

 

 

 

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Le «cabaret des princesses» est un panthéon des beautés de la Cour, rassemblées autour de la figure du roi de Rome, l'héritier. Il compléterait à merveille les portraits du musée Napoléon de Fontainebleau. Beaucoup de collectionneurs étrangers rôdent autour de ces merveilles, des Américains, des Indiens, des Anglais. Imagine-t-on le cabaret de princesses impériales exposé à Londres? Ce serait encore pire que la statue de Napoléon par Canova à Aspley House, à jamais prisonnière de la cage d'escalier de la demeure du duc de Wellington. Il est encore temps de souscrire. Il faut éviter à tout prix ce Waterloo de la porcelaine.

 

 

 

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Le cabaret dit des princesses de la Famille impériale, en bas à droite. A gauche, le sucrier orné du portrait de Caroline Bonaparte - en haut à droite, la verseuse avec le portrait de Napoléon IerDR/château de Fontainebleau (montage Royal Blog)

 

 

 

 

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