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Jacques-Emile  BLANCHE

Au Palais Lumière, une rétrospective célèbre le portraitiste du Tout-Paris des arts et des lettres du début du XXe siècle. Une œuvre qui vaut aussi pour ses décors, ses paysages, ses pastels et ses écrits.

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Cure de jouvence pour Jacques-Émile Blanche à Évian

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Le Chérubin de Mozart ,un portrait de Désirée Manfred, vers 1903. 

Beau témoignage de l'architecture des villes d'eaux du début du XXe siècle, l'ancien établissement thermal d'Évian n'est plus. Mais, il y a cinq ans, ont été restaurés sa façade principale avec sa marquise de verre et d'acier, ainsi que son hall Art nouveau, avec coupole, vitraux en éventail, sculptures, mosaïques et toiles marouflées. Dans leur alcôve, des nymphes versent donc à nouveau perpétuellement le liquide régénérateur. Ne manquent plus que les curistes en fantômes. Or, justement, les voilà! À commencer par Anna de Noailles et Marcel Proust, jadis habitués de ces bords de lac. Ce sont bien eux, du moins leur portrait, exécutés par Jacques-Émile Blanche. Ce peintre, né dans le même Auteuil que l'auteur d'À la recherche du temps perdu et, pour son malheur, principalement connu pour l'effigie iconique d'un Marcel alors étudiant en droit et en sciences politiques, fait en ces lieux l'objet d'une rétrospective complète.

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                                                                      Jacques Emile Blanche - Portrait d'une femme du monde

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Jacques-Emile Blanche : L’hôte. Grande toile composée comme une scène religieuse.

La deuxième seulement depuis sa mort, en 1942. La première avait eu lieu en 1997 à Rouen, dans le musée auquel il a donné 140 œuvres, soit le dixième de sa production. On fait d'abord connaissance avec le mondain. Blanche semble avoir collectionné les grands noms comme on herborise. On lit d'ailleurs le langage des fleurs aux boutonnières. Cattleya sexuel pour Proust, œillet passionné et royaliste pour Cocteau (trois portraits de l'esthète en brillant cadet dégingandé) comme pour Barrès (pré-proustien). Pour les femmes, ce sont les plumes qui parlent. L'époque est au bibi fiché d'aigrette. Bouquet final pour l'actrice Gilda Darthy, qui fut une célèbre et peu farouche Roxane de Cyrano.

Les yeux, miroirs de l'âme

En villégiature également: Gide (en beau ténébreux tantôt moustachu, tantôt glabre mais toujours au regard d'hématite sous son borsalino), Claudel (roc en manches de chemise), Radiguet (en aplats pressés, avec robe de chambre et canne parmi les épreuves de son Bal de comte d'Orgel - il mourra quelques semaines plus tard), et encore Mallarmé, prof d'anglais de Blanche au lycée Condorcet, Stravinsky, Mauriac, Drieu, Valéry… On en oublie. Qu'importe. Car il faut s'abstraire de ce cortège pour apprécier les tonalités chatoyantes ou terreuses, la touche très enlevée, très efficace notamment pour produire de belles matières. Voir Le Chérubin de Mozart (portrait de Désirée Manfred) de 1903 ou, vingt ans plus tard, la Robe chinoise.

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Portrait de Marcel Proust (1871-1922) – 1892 – Huile sur toile

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Portrait de Jean Cocteau

Dans ses portraits, l'artiste se concentre sur les yeux. Car ce fils et petit-fils d'aliénistes réputés les interprète comme des miroirs de l'âme. Plus que la ressemblance illusionniste, il traque, y compris dans les visages d'anonymes, l'état d'esprit. Ce qu'il appelle le «sens humain». Ce défi toujours différent est souvent relevé avec succès. C'est par exemple le cas pour la comtesse Castiglione. De son vivant, elle l'impressionne. Il n'ose pas. Il composera donc un portrait posthume avec les marques de l'âge ; où celle qui faisait chavirer les cœurs effraie. On dirait un ectoplasme avec robe de deuil, mantille arachnéenne et antennes de nécromancienne.

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Jacques-Emile Blanche (1861-1942), Petite fille au chiot

Mais Blanche vaut aussi pour ses scènes d'intérieur, ses natures mortes mi-hollandaises mi-Chardin, ou ses pastels perfectionnés jusqu'à ce qu'il découvre où son ami Degas était arrivé à la fin de ses jours. Whistler, auquel il emprunte les harmonies de nacre et de perle, est cependant sa principale référence. Et plus encore Manet. Blanche a peint son épouse alanguie dans un sofa telle Berthe Morisot. Manet l'inspire aussi pour sa mère et pour son père, dans lequel on peut également voir le Monsieur Bertin d'Ingres. Delacroix, Velazquez, Van Dyck et la peinture anglaise d'un Gainsborough ou d'un Reynolds se discernent encore en deçà…

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Jacques-Emile Blanche (1861-1942), La Partie de tennis

Blanche fut quelque temps paysagiste de Venise et de Londres. Là-bas, il travaillait dans un fiacre transformé en atelier mobile. Il fut également peintre de décors. À Évian, plusieurs panneaux pour le premier pavillon français de la Biennale de Venise, celle de 1912, montrent ce dont il fut capable dans le genre. Variation bleu et or de loggias à l'italienne et de paravents. Exotisme et japonisme fusionnés ; le tout donnant l'impression d'une tenture. Cette commande rivalisait avec celles attribuées à Maurice Denis et Édouard Vuillard pour le Théâtre des Champs-Élysées.

La plume comme le pinceau

Parrain des Ballets russes de Diaghilev, Blanche a enfin fait flamboyer Tamara Karsavina dans L'Oiseau de Feu et Isa Rubinstein dans Shéhérazade (avec Nijinski à l'arrière-plan). Ces toiles sont des survivantes: douze autres consacrées à la troupe ont disparu dans le torpillage du RMS Lusitania en 1915.

Après-guerre, le maître des hauteurs de Passy s'attaqua à la réalisation d'un Mémorial dans l'église d'Offranville, sa commune normande d'adoption. On peut en voir au Palais Lumière une copie autographe et des travaux préparatoires penchant vers le Greco et Courbet. Ainsi cet homme connaissait ses maîtres sur le bout des doigts. Plus que de bâtir une mythologie comparée de vedettes, cette culture lui permettait de cerner la psychologie propre à chaque être, ou l'atmosphère particulière de chaque lieu.

Seule entorse: L'Hôte, chef-d'œuvre naturaliste de ses quinze premières années de peintre. Le Christ rompant le pain dans cette lecture contemporaine des Pèlerins d'Emmaüs de Titien (Louvre) est vêtu d'un… kimono! Cela vaudra un éreintement d'Octave Mirbeau. Et une contre-attaque fort spirituelle de l'intéressé. Car Blanche fut écrivain. Une vitrine réunit ses chroniques, critiques, essais. Les rares spécialistes qui les lisent aujourd'hui sont unanimes: la plume est aussi raffinée et juste que le pinceau.

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JACQUES-ÉMILE BLANCHE  Frankrike 1861-1942

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«Jacques-Émile Blanche, peintre, écrivain, homme du monde», au Palais Lumière, Évian (74), jusqu'au 6 septembre.

Liens : http://premium.lefigaro.fr/arts-expo...he-a-evian.php

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