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Landrie nous annonce que nous atteindrons bientôt les 10.000 visites. Quels que soient ces lecteurs et ces lectrices, je les remercient de venir partager dans notre boudoir le plaisir des papotages et de la culture. Ce lieu n'existerait pas sans Landrie, et j'ouvre mon billet en la remerciant également :)

Cet après midi, je viens parler d'une lecture qui peut paraître ennuyeuse au premier abord, mais qui ne l'est pas du tout :)

C'est un petit livre (127 pages) d'un professeur de protohistoire et spécialiste du néolithique. Il est très facile à lire, et j'y ai découvert de nombreuses choses. 

J'ai toujours trouvé surprenant que nous appelions préhistoire l'histoire des humains avant l'écriture. Certes, je comprends bien que c'est une classification scientifique, qui se réfère au manque, et à la différence, de matériel pour rendre compte de ces temps-là. Mais d'un point de vue humain, ces hommes et ces femmes avaient déjà une histoire.

Justement, une histoire complexe et touchante que ce petit ouvrage retrace.

Il y est dit que bien avant l'agriculture, certaines populations étaient sédentaires. Elles construisaient des maisons. Les plus prospères (connues de nous à ce jour)  vivaient surtout de la pêche, car les ressources aquatiques sont  moins saisonnières que les ressources terrestres. Elles sélectionnaient parfois parmi les céréales sauvages celles qu'elles voulaient récolter en arrachant les autres, mais elles ne semaient pas, et travaillaient environ 20h par semaine. 

Elles avaient un art, majoritairement zoomorphe, parfois avec des représentations féminines très tôt assimilées à la sauvagerie qu'il fallait dominer. Les oeuvres étaient très différentes selon les époques et les régions du monde. Actuellement, certains archéologues considèrent cet art comme la représentation de la nature environnante, d'autres comme l'expression symbolique de systèmes de pensée.

Pourquoi certains rares foyers ont décidé de s'organiser autrement, et de devenir agriculteurs ? Et bien, il n'y a pas de réponse. Ce que les chercheurs savent, c'est que c'est un choix que quelques groupements humains ont fait, alors que beaucoup d'autres qui avaient les mêmes opportunités - ou des conditions semblables - ne l'ont pas fait. Ce qui est curieux est que ce choix n'était pas du tout une évidence : il demandait plus de travail, plus de contraintes, et moins de liberté.

J'ai apprécié particulièrement que l'auteur insiste sur le fait que l'évolution humaine est globalement linéaire, mais avec des tatonnements, des abandons, des disparitions et des retours. C'est une ligne avec bien des cassures et bien des secousses ;) De telle sorte que rien, surtout pas notre "progrès" n'est acquis si nous ne faisons pas attention aux enseignements de notre environnement.

Bisous à toutes

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