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Bonsoir mes amies,

Une fois n'est pas coutume, me voici libre de ma soirée. J'en profite pour venir déposer un billet dans le boudoir.

Et aussi pour remercier pour tous ces commentaires que je lis sous les billets, et auxquels je n'ai pas toujours le temps de répondre.

Ce soir, je vais vous parler d'un livre que je viens de terminer. 806 pages hors annexes. Pourquoi l'ai-je acheté ? Je ne sais toujours pas, mais je suis heureuse d'avoir suivi mon instinct (une fois de plus :) )

Il s'agit de la "Forteresse agricole" de Gilles Luneau. Son seul défaut ? Le monde agricole est gourmand d'acronymes, de telle sorte que pour la béotienne que je suis, les 50 premières pages ressemblaient un peu à un roman russe où les patronymes des protagonistes semblent tous les mêmes... Mais une fois l'oeil - et l'esprit - habitués, cette histoire se lit comme un roman d'aventures. 

J'ai découvert ce qu'a été la volonté de s'émanciper de la puissance des grands propriétaires fonciers, ce que furent le dorgérisme, le comité de Guéret, l'influence des jésuites et des dominicains sur les jeunes agriculteurs dans les années 50 ; ce que fut la révolution silencieuse, et ses aveuglements. Cette histoire est traversée par des hommes au caractère souvent brutal, à l'intelligence vive, et aux ascensions fulgurantes. L'icône étant celle de Michel Debatisse, mêlant charisme et ambition démesurée, ombre et lumière.

Cette histoire conclut sur l'état catastrophique de notre relation à l'agriculture. Livrée aux mains des associations spécialisées et des industries agro-alimentaires, elle n'en demeure pas moins le fondement de notre civilisation, sans parler de son poids symbolique, dont la société de consommation nous a coupé.

Je ne pensais pas que derrière ces quelques lettres se cachait une histoire aussi passionante. Et un enjeu aussi colossal.

Je vous souhaite une bonne soirée, mes amies.

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