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" La villa des mystères "  ( 70 av. J.-C )

une fresque de de 17 X 3 m

Pour peindre ces fresques, les artistes recouvraient le mur d'un enduit, sur lequel ils appliquaient des pigments alors qu'il était encore humide.  Au séchage, une réaction chimique assurait la durabilité de la peinture.

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Découvertes il y a plus de cent ans, ces peintures murales restent énigmatiques; et donnent lieu à diverses interprétations.

Réalisée vers 70 av. J.-C, cette fresque fait partie d'un ensemble de peintures murales qui ornent les murs d'un petit salon d'une belle maison de Pompéi que l'on a surnommée " La Villa des mystères ".  Qui l'a commandée ? Que raconte-t-elle ? Qui sont les personnages représentés ? On ne le sait pas !  Les artistes grecs qui travaillaient chez les richesromains avaient l'habitude d'annoter leurs oeuvres.  Ici, ils n'ont laissé aucune inscription. Seule certitude : il y est question de Dionysos, dieu du Vin et de la Vigne, et de sa mère, Sémélé.  Pour le reste, deux camps s'affrontent. D'un côté, celui de l'historien Paul Veyne soutient qu'il s'agit du récit des noces de la maîtresse de maison.  De l'autre, le professeur de la Sorbonne Gilles Sauron y voit le récit d'une initiation aux mystères dionysiaques, un culte très populaire dans l'Antiquité gréco-romaine.

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Ce détail de la fresque trouvée dans la villa des Mystères représente Dionysos ou un silène et les bergers du Parnasse

A QUI APPARTENAIT CETTE VILLA ?

Mystère.  Toute la décoration est dédiée au dieu grec Dionysos. Chaque année, lors des Dionysies, on le célébrait avec de la musique, des danses et du vin.  Et dans les riches demeures, on pratiquait les mystères dionysiaques, une religion secrète faite de rituels initiatiques et de cérémonies orgiastiques.  Au programme, sacrifices, transes, vin, sexe et danses, au son des percussions et de la flûte.  Pour Gilles Sauron, la " domina " ( la maîtresse des lieux ) a certainement été l'adepte, voire la prêtresse de l'un de ces groupements religieux voués à la célébration de ce culte dionysiaque.  Seule certitude, la décoration de cette maison est si luxueuse qu'elle appartenait à un membre de l'élite coloniale romaine ou de l'oligarchie sénatoriale. Peut-être un proche de l'homme d'Etat romain Sylla.

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Pourquoi la jeune fille agenouillée cache-t-elle son visage ? ( tableau du haut...)

Regardez la femme assise dans le giron duquel elle s'est réfugiée : elle porte le bandeau caractéristique des sages-femmes et des nourrices de l'Antiquité.  Quant à la jeune fille, il s'agit sans doute d'une jeune initiée.  Au cours de la cérémonie rituelle, cette dernière était réveillée en pleine nuit. Elle devait s'agenouiller et une prêtresse lui cachait la vue, pendant qu'un phallus -- signe de fécondité et de régénération de la nature -- était dévoilé. On ne voit ici qu'une partie de la fresque. Mais notez le regard de la nourrice : elle tourne la tête à droite. Elle observe le mur adjacent, sur lequel est peinte une corbeille tressée -- symbole de Dionysos. De forme phallique, ce panier est recouvert d'un voile, qu'une prêtresse est en train de soulever.

Paul Veyne, lui, propose une toute autre interprétation de cette scène étrange. Selon lui, il s'agit plutôt du récit de la nuit de noces de la maîtresse de maison, qui met en scène sa peur juste avant la défloration.  Réfugiée dans les bras de sa nourrice, la jeune mariée affiche sa pudeur. Selon lui, il s'agit d'un banal " pastos ", peinture matrimoniale sur les préparatifs et les festivités du mariage, utilisant une iconographie à la mode, celle de Dionysos.  Quant à l'évocation du phallus, là encore rien que de très courant.  A Rome, comme à Pompéi, les phallus étaient considérés comme des porte-bonheur.  Ils s'affichaient dans les jardins pour en accroître la fécondité, sur les murs de la ville pour conjurer le mauvais oeil, et même aux portes des maisons et sur maints objets de la vie quotidienne que l'on touchait pour éloigner le malheur...

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Pourqoi cette scène est-elle fascinante ?

Parce qu'elle semble réelle. On dirait un théâtre dans lequel l'artiste aurait disposé, telles des statues, des personnages grandeur nature sur chacune des parois de la pièce.  Notez ces décors de marbre ou d'onyx en trompe-l'oeil, et ces fausses perspectives architecturales : ils sont caractéristiques du deuxième style pompéien ( autour de 70 av. J. -C ). Grâce à cette technique picturale, remplaçant les revêtements en stuc du premier style pompéien destinés à créer du relief, l'artiste a pu figurer de véritables " scénographies ".

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D'où vient ce Rouge Flamboyant ?

C'est l'un des pigments les plus onéreux de l'Antiquité.  Il est si célèbre qu'on le sunomme le rouge pompéien. Nombreux sont les riches européens qui ont tenté, au cours du XIXe siècle, de le reproduire dans leurs maisons, sans succès.  Réservée aux riches romains, cette couleur provient du cinabre, un sulfure de mercure importé d'Espagne. Mais la science a récemment livré le secret de ce rouge profond : il s'agissait d'un jaune, à l'origine !  Chauffé à plus de 500°C par les gaz du volcan, ce pigment, qui contient du plomb et du mercure, s'est transformé en vermillon.

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