Du plus loin que je m'en souvienne, j'ai toujours eu une fascination pour la danse sous toutes ses formes. Mon rêve : être un jour petit rat à l'Opéra. Malheureusement ou heureusement, seul le ciel le sait, ma vie a pris un tout autre chemin.

Je parlerai donc aujourd'hui du Ballet de l'Opéra qui est aujourd'hui considéré comme l'une des meilleures compagnies au monde.
Sa moyenne d'âge est de 25 ans, ce qui en fait l'une des plus jeunes compagnies actuelles.
Le répertoire du Ballet de l'Opéra est très étendu, il va des grands ballets romantiques et classiques aux créations de chorégraphes contemporains.
Le Ballet donne aujourd'hui quelques 180 représentations par saison à Paris, en province
mais aussi à l'étranger. 

Effectif

154 danseurs | 18 étoiles | 14 premiers danseurs Engagés en général entre 16 et 20 ans dans le Ballet, les artistes terminent aujourd'hui leur carrière à 42 ans et 1/2.

Direction et encadrement

La direction et l'encadrement du Ballet sont assurés par le Directeur de la Danse, Benjamin Millepied, assité d'un Administrateur, Olivier Aldeano, de deux Maîtres de ballet , de quatre assistants Maîtres de ballet, d'un régisseur général et de cinq régisseurs . 7 professeurs assurent les cours quotidiens qui ont lieu le matin. Les après-midi sont réservées aux répétitions qui peuvent aussi avoir lieu en soirée quand il n'y a pas de spectacle.

Organisation

La quasi totalité des danseurs a été formée à l'Ecole de Danse de l'Opéra. L'entrée dans le corps de ballet se fait par concours, chaque année, au prorata des places disponibles. Le concours annuel du corps de ballet permet de gravir les échelons de la hiérarchie: quadrille, coryphée, sujet, premier danseur. Les étoiles sont nommées par le directeur de l'Opéra, sur proposition de la Directrice de la Danse. 

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La danseuse étoile lorsque j'étais adolescente qui m'a le plus fascinée est Noëlla Pontois, née à Vendôme le 24 décembre 1943. Sur les conseils d'un médecin qui la trouve trop chétive, ses parents lui font faire de la danse et elle entre à 9 ans à l'Opéra comme petit Rat en 1953.

 Elle suivra les cours de Janine Schwarz et d'Huguette Devanel qui la trouvent concentrée, volontaire, disciplinée et assidue[1]. Entre 1953 et 1960, elle découvre l'ambiance de la . Elle est Amour dans Tannhaüser et dans l'Opéra des Indes Galantes, Négrillon dans Faust et Aïda puis Ange dans le Martyre de Saint Sébastien. Après des études à l'école de danse de l'Opéra de Paris elle est engagée dans le corps de Ballet de l'Opéra en 1960[2] et devient 1er quadrille en 1962 puis coryphée en 1963. Elle commence à danser les grands pas de deux classiques avec Patrice Bart. En 1964, elle accède au rang de sujet. Elle commence à danser ses premiers rôles de soliste en 1965: le pas de deux des Vendangeurs avec Gilbert Mayer, le pas de quatre du Lac des cygnes. Roland Petit crée pour elle un pas de deux dans Adage et Variations. Le prix René Blum lui est décerné.

En 1966, suite à l'examen, elle est promue première danseuse et remplace Christiane Vlassi au pied levé aux côtés d'Attilio Labis dans Arcades. Sous l'impulsion d'André Malraux, elle participe à la création des Maisons de la Culture avec des chorégraphies de Michel Descombey. Elle est invitée au London Festival Ballet où elle remporte un grand succès dans La Belle au Bois dormant aux côtés de John Giplin. En 1968, elle devient étoile et obtient le prix Pavlova. Dans Giselle, Cyril Atanassof est son premier Prince Albrecht. Rudolf Noureev, invité peu après à l'Opéra de Paris la choisit pour être sa partenaire dans le pas de deux de Casse-Noisette. Elle prend part avec lui à la création d'Extase de Roland Petit et retrouve avec lui le rôle de Giselle qu'elle ne cessera d'approfondir. On la considère alors comme la plus romantique des étoiles de l'Opéra depuis Yvette Chauviré qui la conseille pour ce rôle. Ce ballet est celui qu'elle a le plus souvent dansé de 1968 à 1991. Elle danse avec les plus grands: Cyril Atanassof, Patrick Dupond, Mickaël Denard, Jean-Pierre Bonnefous, Rudolf Noureev, Mikhaïl Barychnikov, Fernando Bujones, Jean-Pierre Franchetti, Serge Peretti, Jean-Yves Lormeau, Laurent Hilaire, Manuel Legris, Eric Vu-An, Charles Jude, Georges Piletta, Rudy Brians, Denys Ganio, Peter Schaufuss.

Elle travaille aussi avec les plus grands chorégraphes : Serge Lifar, Roland Petit, Maurice Béjart, John Neumeier, Hans Spoerli, Serge Golovine... Elle a dansé tous les rôles du répertoire classique: Giselle, La belle au bois dormant, Ivan le terrible, Spartacus, Roméo et Juliette, Apollon musagète, Don Quichotte, Le loup, L'après-midi d'un faune, Raymonda, Coppélia, Sylvia, Le bourgeois gentilhomme, Les mirages, Notre Dame de Paris, La sylphide, Etudes, Casse-Noisette, La Bayadère, Le songe d'une nuit d'été, Le lac des cygnes, En 1975, elle reçoit le titre de chevalier de la Légion d'honneur puis est décorée de l’Ordre national du Mérite en 1978. Elle s'est mariée avec un danseur japonais, Daïni Kudo. Leur fille, Mitéki Kudo a également fait partie du corps de ballet de l'Opéra de Paris ainsi que leur gendre Gil Isoart.

En 1983, à 40 ans, elle finit sa carrière à l'Opéra de Paris avec le ballet Raymonda. De 1988 à 2007, elle devient professeur à l'Opéra de Paris. Elle se retire en 1993, à 50 ans, après avoir fêté ses vingt-cinq années de danseuse étoile sur scène avec sa fille Mitéki, alors sujet dans le corps de ballet, une première dans l'histoire de l'Opéra de Paris. En février 2013, une exposition intitulée Noëlla Pontois, divine étoile lui est consacré à l'espace Éléphant Paname à Paris.

 

 

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Noëlla Pontois est une danseuse étoile des plus discrètes de l’histoire de la danse. Anti-star, anti-strass, elle a pourtant marqué de sa grâce son époque, sans artifice, sans bling-bling. Sa ténacité, son travail, son professionnalisme, son naturel et surtout la pureté de son style l’ont conduite à être convoitée par les plus grands, de Noureev à Dupond, en passant par Franchetti et Legris.


« Pour qui l’a vue à l’Opéra, elle est l’esprit même de la danse : fluide, musicale, aérienne, elle incarne, fait rare, l’exactitude et la perfection classique portées jusqu’à l’émotion pure » Xavier Boutrelle (Noëlla Pontois. L’étoile du Palais Garnier de Benjamin Rossé).

Issue d’un milieu très modeste – ses parents étaient gardiens d’immeuble à la cité universitaire à Paris – Noëlla Pontois est arrivée à la danse presque par miracle. C’est un médecin qu’on lui a fait consulter parce qu’elle était trop maigre qui a eu cette idée : l’inscrire à l’Opéra Garnier parce que c’était le seul endroit où l’on pouvait apprendre gratuitement. Vers neuf ans elle passe brillamment l’audition et tout commence pour elle, un véritable conte de fée ! Jamais dans ces premières années, elle n’avait pourtant imaginé qu’elle serait étoile un jour. Mais elle sentait que la danse serait son destin et sa voie. Ses dons physiques se doublaient dès le départ d’une compréhension du corps, de ce qui fonctionnait ou pas. Le talent pédagogique avant l’heure.

A dix-sept ans, elle intègre le corps de ballet tout en posant pour des peintres, puis bientôt pour des publicités. Mais surtout, elle danse, et avec les plus grands. Rudolf Noureev la choisira comme partenaire, et ils danseront plus de quinze ans ensemble revisitant tout le répertoire, sur les plus grandes scènes du monde. Puis ce sera Barychnikov sous le regard de tous les grands chorégraphes de l’époque. Elle découvre le Japon où elle se marie et qui devient une deuxième patrie. Aujourd’hui sa fille Miteki Kudo est à son tour devenue une grande danseuse et sa petite fille en est déjà plus qu’à ses premiers pas.

Aimez-vous les ballets ?